L’accouchement à domicile reste très rare en France (1 % environ). Il est parfois aménagé sous surveillance médicale avec organisation de transfert à l’hôpital en cas de difficultés. Il permet à la mère, entourée par les siens, de vivre la naissance de son bébé comme une affaire de famille. Généralement, c’est le manque de chaleur humaine et la dépersonnalisation de l’accouchement à l’hôpital qui conduisent la femme à choisir cette solution. Mais, avouons-le, la plupart des médecins sont opposés à cette formule, pour des questions évidentes de sécurité.

Plus aux champs qu’en ville

Ce type d’accouchement est pratiqué par une soixantaine de praticiens parmi lesquels on compte trente-sept sages-femmes. Leur rémunération se base sur un système de forfait comprenant la surveillance de la grossesse, la conduite de l’accouchement, leur présence obligatoire durant deux heures après les couches et la surveillance des suites de couches (12 jours pour la mère et 30 jours pour l’enfant). Deux départements en France sont à la pointe de cette pratique: la Vendée et l’Aveyron.
L’association Naître à la maison a dressé le portrait type des futures mères qui souhaitent rester chez elles pour accoucher. Ce sont des femmes âgées de 25 à 35 ans, dont 75 % vivent maritalement; 50 % d’entre elles ont eu une autre expérience de couple; 40 % font ce choix pour une première naissance, 30 % pour une seconde, 20 % à partir du 3″ enfant. Mais 99 % d’entre elles restent favorables à l’accouchement à domicile après une première expérience.

Une certaine philosophie de la vie

Dans leurs couples, les relations hommes-femmes sont généralement établies sur des critères d’égalité. Ces couples recherchent toujours des médecins ou des sages-femmes qui sont favorables à leur démarche et dont la philosophie de vie est très proche de la
leur. À leur réflexion sur la naissance sont souvent associés des remises en question de la médecine traditionnelle et un rejet de l’alimentation industrielle. Ce sont parfois des militants passionnés. Ils choisissent leur foyer pour vivre l’aventure d’accueillir un enfant en totalité, du désir à la naissance.
Outre les problèmes de sécurité, l’accouchement à domicile a aussi souvent l’inconvénient de ne pas permettre à la jeune maman de se reposer convenablement et suffisamment. Dans les deux jours qui suivent son accouchement, elle est, dans la plupart des cas, « reprise » pa le travail domestique.