Entre votre bébé et vous s’établit une relation charnelle qui se prolongera plusieurs années après la naissance. Vous vous savez, vous vous sentez en train de le nourrir. Pour lui, vous vous êtes déjà imposé des contraintes en vivant tout à fait autrement: plus
calmement, plus lentement. Certaines d’entre vous vont même jusqu’à arrêter totalement de fumer.

Retour sur soi

Des sentiments complexes vous font percevoir votre bébé non seulement comme une partie de vous-même, mais aussi comme une personne à part entière, capable d’autonomie. Il a le hoquet, il fait des cabrioles… Vous vous apercevez que c’est déjà un être volontaire. En fait, vous préparez dès maintenant vos relations de demain. Le secret du bon couple mère-enfant réside dans l’équilibre du don et de l’éloignement.
C’est toute cette diversité d’émotions qui permet à la femme de se supporter, voire même de s’aimer, déformée, encombrée par son ventre. Elle a le sentiment que tout cela n’a pas vraiment d’importance en comparaison de ce qui se passe en elle, de la responsabilité qui tout à coup l’investit. À six mois de grossesse, elle n’est pas encore gênée par son état.
Dans un mois à un mois et demi, le temps lui semblera déjà plus long. Elle aura hâte de découvrir cette petite personne à laquelle elle se dévoue entièrement. Il lui arrivera même, à certains moments, de la trouver encombrante.

Apprendre a être mère

Il est faux de croire que tout est idéal dans la maternité. On ne devient pas mère d’un coup de baguette magique, c’est un long apprentissage. Une maturation qui a besoin de neuf mois et dont l’interruption précoce en raison d’une naissance prématurée peut être cause de perturbation dans la relation mère-enfant.
Il est normal encore qu’une future maman, même si elle désire profondément son enfant, même si elle se réjouit de sa naissance, ait des moments de légère dépression. Cette naissance va bouleverser sa vie; il est logique qu’elle s’en inquiète, qu’elle se pose quantité de questions:
Sera-t-elle à la hauteur de la tâche? Sera-t-elle la femme qu’elle était avant? Saura-t-elle être mère et épouse? Il arrive aussi que, par moments, la future maman regrette de s’être engagée dans cette aventure. Un peu de fatigue, une déception familiale peuvent en être la cause. Ces neuf mois d’attente constituent une période de fragilité psychique, surtout lors d’une première grossesse. C’est sans doute ce qui explique que plus de 13 % des femmes enceintes sont dépressives. Certains spécialistes estiment que ces troubles sont peut-être plus répandus que ceux du post-partum. La période la plus critique se situerait au niveau de la 32e semaine.

Se retrouver pour en parler

Permettre aux futures mamans de se rencontrer et de connaître aussi de toutes jeunes mères, tel est le but de lieux crées au sein de quelques maternités, où elles peuvent exprimer leurs craintes, poser toutes les questions sans l’appréhension du jugement médical.
Pour écouter, pour soutenir les plus fragiles, une équipe de spécialistes est là, composée de sages-femmes et de pédiatres.
À la base de tout le dialogue et l’écoute pour une meilleure approche psychologique de la naissance.

Deuxième naissance: l’expérience rassure

Le vécu d’une seconde grossesse est souvent fort différent de celui d’une ornière. Sur le plan physique, elle est parfois plus fatigante mais sans doute vécue plus sereinement. D’ailleurs, on s’aperçoit que ces futures mamans sont moins présentes aux cours d’accouchement, moins intéresées par l’haptonomie ou le yoga.
La douleur de l’accouchement leur est connue, tout comme son méca-
mame et sa technique ; elles savent que, normalement, cette naissance sera plus rapide que la première.