Le nouveau-né est doté d’une immense sensibilité. Il peut apprendre et s’adapter beaucoup plus rapidement qu’on a pu l’imaginer. Il est non seulement compétent, mais il est aussi un séducteur-né. C’est pourquoi l’environnement néonatal a une grande importance sur le devenir de l’enfant.

Le visage de la mère

Lorsqu’il naît, le petit de l’homme dépend entièrement de son entourage pour survivre, et tout particulièrement de sa mère. Or, on constate qu’il va tout faire pour s’installer dans une vie de famille confortable. On sait aujourd’hui, par exemple, qu’il est passionné
par le visage humain. Il le recherche dès les premières heures de vie, rivant son regard au regard de l’adulte, s’y accrochant pour provoquer l’échange. Des recherches ont montré que, sollicité par deux dessins, l’un géométrique, l’autre évoquant le visage
humain, c’est le second qui l’intéresse. Et si on met celui-ci en concurrence avec le visage de sa mère, c’est alors vers ce dernier qu’il se tourne.
Le bébé sent le souffle de sa mère. Il est même capable de reconnaître certaines voix et différencie sans difficulté celle de sa mère et celle d’une autre femme. De plus, si sa mère le regarde de façon inexpressive, l’œil vague, le visage froid, le bébé se tortille, se met à pleurer et cherche à attirer son attention. Il sait donc très vite qui
est sa mère, cherche à l’aimer et à se faire aimer d’elle. Ce bébé de quelques jours n’en finit pas d’émerveiller les pédiatres qui font chaque jour des découvertes à son sujet.

Premier langage

Ainsi, dès le début de la vie, bébé réagit aux bruits qui l’entourent et pleure lorsqu’il a faim ou qu’il est mouillé. Cris et pleurs deviennent son premier mode de communication, son premier langage. À partir de 2 mois, on a constaté que le nourrisson produisait davantage
de sons et de bruits en présence de l’adulte qui s’occupe de lui qu’en son absence.
Ce qui signifie qu’il a appris à reconnaître son interlocuteur. Vers 3 ou 4 mois, bébé tourne les yeux et la tête vers une source sonore. C’est à cette époque qu’il commence à babiller.
Le plus fantastique est que la mère réagit physiquement au comportement de son nouveau-né. Son influence est même certaine. Lorsque bébé crie, les seins de sa mère se gonflent, augmentent de température et, chez certaines femmes, le lait se met à couler avant même qu’elles aient pris leur bébé. Entre mère et bébé se tissent ainsi des liens physiologiques qui ouvrent la voie aux liens psychologiques. Après tout, cette complicité a commencé neuf mois avant la naissance…

Restez avec lui

Les premiers jours, il est souhaitable d’éviter les séparations qui ne sont pas vraiment indispensables. Restez avec votre enfant pour tous les soins sauf si certains examens vous paraissent insupportables.
Votre inquiétude risquerait de se transmettre à votre tout-petit et le pertuberait d’autant plus. Demandez au personnel soignant – comme vous le ferez vous-même – de prévenir le bébé avant chaque soin, et ce d’autant plus si ce soin est agressif (une piqûre par exemple). Une fois l’examen terminé, prenez-le contre vous afin qu’il retrouve son calme. Dans la mesure du possible, évitez de le confier la nuit, sauf si vous vous sentez particulièrement épuisée. Près de vous, il se sentira toujours plus rassuré.

L’inné et l’acquis

Génétique et environnement, un débat dans lequel deux chercheurs du CNRS ont apporté un début de clarification. Leur sujet d’étude : les enfants adoptés et la comparaison de leur Ql avec celui de leurs parents biologiques celui de leurs parents adoptifs.
Le Ql des enfants adoptés par des parents d’un milieu sócio-économique élevé est, en moyenne, supérieur de 12 points à celui des enfants adoptés dans un milieu socio-économique bas, indépendamment du niveau socio-économique de leurs parents biologiques.
Le Ql des enfants nés de parents biologiques de niveau socio-économique élevé est, en moyenne, supérieur de 15 points à celui des enfants issus de parents biologiques de niveau socio-économique bas, et cela indépendamment du niveau socio-économique des parents adoptifs.
Ces chercheurs ont donc mis en évidence l’effet de l’environnement postnatal, celui-ci pouvant faire augmenter ou diminuer le Ql.
De même, l’influence du niveau socio-économique des parents biologiques est démontrée mais l’interprétation de cette influence est loin d’être simple. En effet, est-ce un problème génétique? Est-ce l’importance (aujourd’hui reconnue) des conditions de la grossesse? Ou est-ce les deux ensemble?