S’il y a eu rapport sexuel au moment de l’ovulation ou dans les trois jours qui la précèdent, il y aura rencontre des gamètes (ou cellules sexuelles) mâle et femelle.
Cette rencontre a lieu dans la partie moyenne des trompes. Les spermatozoïdes qui vont à la rencontre de l’ovule viennent de terminer leur maturation. Ils ont subi une sélection sévère en traversant la glaire cervicale dans la partie moyenne de la trompe. Les spermatozoïdes ainsi élus entourent l’ovule. Ils libèrent au niveau de leur tête des enzymes destinées à digérer la membrane le protégeant. Mais un seul spermatozoïde réussira à l’atteindre et fabriquera aussitôt une substance destinée à former une barrière chimique empêchant la pénétration des autres spermatozoïdes. Dix heures après la rencontre, l’œuf est définitivement formé et commence à effectuer des synthèses ADN, puis il se divise. Trente heures après, il compte déjà 2 cellules puis, deux à trois jours après, il en compte 4 à 8.

La préparation de la muqueuse utérine

Cet œuf reste pourtant de la taille de l’ovule d’origine, soit 0,1 mm de diamètre. Dans les jours qui suivent, l’œuf, dans cette première forme de développement embryonnaire, est appelé la morula. Celle-ci continue sa descente vers l’utérus grâce aux contractions tubaires
et aux cils vibratiles qui tapissent la trompe. Elle met environ trois à quatre jours pour descendre jusqu’à la cavité utérine. Elle change alors de nom: elle devient le blastocyste, le temps de sa préparation à la nidation. La paroi de l’utérus a une faculté de réceptivité sans doute régie par les deux hormones ovariennes, la progestérone et les œstrogènes, et cela pendant un temps très court. Pour qu’il y ait nidation, il faut donc qu’il existe un certain degré de maturation de l’œuf et de la cavité utérine. L’œuf choisit la place où il trouvera le
plus d’oxygène pour se développer : généralement, le fond de l’utérus et les parois latérales.
Le noyau de la première cellule de cet œuf est fait pour partie égale d’apports maternel et paternel. En revanche, le cytoplasme qui l’entoure est presque exclusivement maternel.

Huit jours après la fécondation

L’embryon qui deviendra le futur bébé existe déjà, dès le 8e jour après la fécondation.
Sa forme est celle d’un disque composé de deux parties, l’ectoblaste et l’endoblaste.
Autour, deux coupoles hémisphériques : l’une constitue la cavité amniotique, l’autre l’écithocèle. Au 14e jour, l’œuf est relié au placenta (p. 84) par un pont de tissu, préfiguration du cordon ombilical (p. 105). L’œuf mesure environ 2 à 3 mm mais l’embryon qu’il contient est dix fois moins grand.

Ovule et spermatozoïde: qui fait quoi ?

Depuis quelques années, les biologistes du monde entier cherchent à
expliquer ce qui pousse l’ovule et le spermatozoïde à se rencontrer. Deux théories se complètent, l’une américaine, l’autre belge.
La première étude porte sur l’ovule.
Elle affirme que celui-ci séduit le spermatozoïde. Selon les chercheurs
américains, une grande partie des spermatozoïdes attendraient un signal de l’ovule pour remonter vers les trompes.
Il serait de nature chimique et pourrait trouver son origine dans les fluides folliculaires qui entourent l’ovule.
L’existence de substances chimiques d’attraction pourrait expliquer le nombre réduit de spermatozoïdes mobilisés pour la fécondation. En outre, si seuls les spermatozoïdes totalement mûrs et sains peuvent percevoir le signal, les substances d’attraction serviraient également à éliminer les plus faibles. La seconde étude s’intéresse, elle, aux spermatozoïdes. Les chercheurs de l’université libre de Bruxelles ont trouvé que des substances, semblables à celles qui permettent la réception des odeurs, existent dans les cellules germinales testiculaires, matière première des spermatozoïdes.