Le désir sexuel après une maternité est variable d’un couple à l’autre. Généralement, les couples qui n’ont rien changé à leurs relations au cours de la grossesse n’éprouvent aucune difficulté après l’accouchement. La question se pose seulement chez ceux pour qui la grossesse a signifié des changements de comportement.
En fait, tout dépend des couples et des maternités.

Presque comme avant

Sur le plan strictement médical, il est tout à fait possible de reprendre une activité sexuelle dans les jours qui suivent votre accouchement. Mais la plupart des médecins conseillent d’attendre au moins deux à trois semaines pour une reprise normale et régulière des rapports. S’il y a eu intervention chirurgicale – épisiotomie ou césarienne, ce délai peut être allongé de huit à quinze jours. Dans tous les cas, il faut attendre qu’il n’y ait plus de saignements, que la sensibilité utérine s’atténue et que le muscle périnéal ait repris un peu de son tonus : il ne le récupérera complètement qu’après quelques semaines.
Alors seulement, vous retrouverez, vous et votre conjoint, un plaisir proche de celui que vous connaissiez avant la maternité.
Mais attention, une ovulation peut se produire trois semaines après l’accouchement. Il est donc important de penser aussi à la contraception.

Un problème fonctionnel

Nombre de femmes souffrent de dyspareunie (douleur éprouvée lors des rapports) dans les semaines qui suivent leur accouchement. L’utilisation d’un produit lubrifiant, sous forme de gel ou de gélules, peut atténuer ce problème.
Plusieurs explications médicales existent. La prolactine, hormone qui permet la formation du lait, inhiberait d’autres hormones. Elle provoquerait une sorte d’atrophie vaginale, à l’origine de l’arrêt total de la lubrification. De plus, la tonicité du vagin a changé; il peut
rester entrouvert, ses parois sont élargies et la vulve, surtout après plusieurs grossesses, peut être molle.

Suites d’intervention

D’autres raisons sont également avancées. Par exemple, après une césarienne, la cicatrice reste souvent assez longtemps douloureuse au moment des rapports sexuels. L’épisiotomte est également souvent mise en cause dans l’origine des douleurs. Elle laisse parfois une cicatrice qui se rétracte et forme un tissu fibreux.
Quant aux épisiotomies mal recousues, elles peuvent faire souffrir plusieurs mois après l’accouchement. Aussi toute épisiotomie sensible doit être réparée le plus tôt possible.

Vous et votre partenaire

Si votre sexualité traverse quelques passages difficiles, sachez que votre conjoint peut aussi éprouver quelques difficultés et sa libido peut être mise à rude épreuve. Pour lui aussi, tout change : il endosse la responsabilité de père, il doit partager son épouse avec une autre personne, il ne reconnaît pas tout a fait le corps de celle qui lui a donné un bébé. Si sa femme ou sa compagne repousse trop souvent ses avances, il peut se sentir exclu de cette nouvelle famille et remis en cause dans le couple. Ce malaise le conduit parfois a s’éloigner l’important, la encore, est de parler pour éviter qu’un malentendu ne s’installe. Le couple doit prendre le temps d’analyser les changements de vie et d’affectivité, de trouver au besoin un nouvel équilibre. Pour certains, cette recherche passe par une relation à deux, loin du bébé. Il n’y a rien d’anormal à confier l’enfant nouveau-ne quelques jours à l’une de ses grands-méres ou à une amie pour retrouver un peu de l’insouciance d’avant.
D’autres couples, au contraire, voient leur affectivité et leur relations sexuelles renforcées par l’arrivée d’un bébé. Au sentiment d’accomplissement de leur couple, s’ajoute parfois un plus grand plaisir dû aux exercices de musculation périnéale que suit la jeune maman.

Des problèmes psychologiques

Pour certains couples, les difficultés sont d’ordre psychologique. Il existe des maris qui ont du mal à accepter le nouveau statut de leur épouse: de séductrice, elle est venue mére. De leur côté, certaines femmes sont perturbées par cette transformation.
Bien des femmes, en lité, éprouvent une certaine crainte moment de la reprise d’une activité sexuelle, elles se sentent endolories, fatiguées, mal dans leur peau, des sentiments qui ne sont pas favorables à un I’épanouissement.