Si la maternité des mères célibataires ne pose pas de problèmes particuliers, l’après-maternité est sans doute un moment plus délicat. Il semble que la dépression que toute femme éprouve après son accouchement soit plus longue et plus difficile à surmonter. Le désir de maternité a souvent été vécu de manière impulsive, très charnelle.
L’instinct maternel est d’une autre nature, c’est un mélange de tendresse et de sens des responsabilités. Les mères célibataires semblent avoir besoin d’une période d’adaptation un peu plus longue. Plus que les autres, elles peuvent se sentir submergées par les soins qu’impose un bébé; elles vont devoir seules bâtir une famille, assumer seules la lourde tâche de s’occuper d’un enfant.
Dans le couple, l’enfant est un aboutissement; là. malgré la volonté de la mère, cet enfant rappelle souvent l’échec d’une relation ou tout au moins le souvenir d’une relation forte mais qui n’a pas duré.

Trouver un mode de garde

Puis viennent les problèmes pratiques, parfois accentués par des difficultés financières. Bien que prioritaires dans les modes de garde institutionnalisés. ces mères ne sont pas à l’abri du manque de places en crèches. Situation d’autant plus angoissante qu’elles doivent
impérativement reprendre leur emploi car elles sont seules à supporter les charges familiales.
Pour certaines, dont les horaires d’activité professionnelle ne sont pas compatibles avec ceux de la crèche, il leur faudra organiser un mode de garde complémentaire et souvent onéreux. Ce qui explique que l’on trouve le plus de situations précaires parmi les mères
célibataires. Certaines sont contraintes de confier l’enfant à leur famille, bien souvent à leur mère, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes de rivalité affective et éducative.

Garder ses amis

La vie sociale, tout au moins dans les premières années de l’enfant, est aussi limitée. Pour être libre, il faut avoir la possibilité financière de confier son enfant à une personne rémunérée ou trouver quelqu’un qui le garderait. Heureusement, parents et amis sont souvent présents.
Enfin, sur le plan éducatif, elles doivent assurer les deux rôles, celui du père et celui de la mère. Curieusement, les psychologues constatent qu’elles ont tendance à mieux jouer celui du père, sans doute par crainte que celui-ci ne manque trop à leur enfant. De plus, au fil
mois, la jeune maman va constater qu’elle devra attendre encore longtemps avant que cet enfant devienne une compagnie capable de la sortir de sa solitude. Elle a d’ailleurs confondu la compagnie d’un enfant et celle d’un adulte autonome et responsable. Pourtant, toutes difficultés ne leur font généralement pas regretter leur décision ; les chiffres montrent qui sont de plus en plus nombreuses à décider, malgré tout, d’avoir un deuxième enfant.

Rendez-vous chez le pédiatre

Il semble que les mères célibataires fréquentent un peu plus que les autres femmes le cabinet du pédiatre, ayant pas de compagnon pour les rassurer ou répondre à leurs interrogations, elles sont seules à affronter situation qui les inquiète. Personne n’est là pour les rassurer. Le pédiatre ajoute donc souvent à son rôle de soignant celui de confident. Ses conseils d’ordre psychologique peuvent aider à rendre la symbiose mère-enfant soins oppressante pour les deux partenaires. D’autre part, le pédiatre autorisera la mère à laisser sans mords son nourrisson manifester ses besoins d’indépendance, qui sont indispensables à son développement.

Quelle place pour le père?

Généralement, les femmes célibataires qui font le choix d’une maternité volontaire en avertissent leur partenaire.
Même si celui-ci ne coopère pas volontairement, elles ont besoin de satisfaire leur désir d’enfant avec un partenaire aimé, un homme qui représente un certain idéal, une personnalité assez forte pour être compatible avec l’image paternelle qu’elles ont conçue. C’est souvent un partenaire avec lequel elles ont tissé une relation amoureuse relativement durable.
La plupart des hommes ainsi choisis refusent mais ne concrétisent pas leur opposition par une rupture. La femme interprète toujours cette présence comme un certain consentement.
Sur le plan juridique, pourtant, ces hommes sont en droit de prouver
leur paternité: il suffit au père de reconnaître, le premier, l’enfant devant un officier d’état civil.
Souvent, pour éviter cette reconnaissance non souhaitée, les mères célibataires volontaires effectuent une démarche de reconnaissance anticipée.