Observez votre bébé juste après la tétée. Lui qui était si énervé, voire bruyant, semble maintenant mou, comme ivre : ses yeux se ferment, ses lèvres s’ouvrent béatement.
Il se sent bien, satisfait. Rassasié physiquement, il savoure encore mieux sa plénitude affective. Il est là, blotti au creux d’un bras chaud, environné d’une odeur familière et rassurante.
Tous les plaisirs s’accumulent. À cela s’ajoute la fatigue provoquée par la succion qui demande un effort certain. Comme le bon vivant des caricatures qui s’assoupit, étendu sur le talus après un bon repas, il s’endort. Le nouveau-né dort en moyenne 19 heures par jour les premières semaines. Il passe presque sans s’en apercevoir de l’état de veille à celui de sommeil.

Respecter son rythme

Il est indispensable de laisser un nouveau-né trouver son propre rythme et d’ajuster à sa manière les moments où il a faim et ceux où il préfère dormir. Ce qui signifie qu’on ne réveille pas un nourrisson qui dort, ni pour le changer, ni pour voir si tout va bien, ni pour lui donner son biberon. Sachez également que pendant ces premières semaines
de vie, le tout-petit passe par des phases de sommeil agité, tout à fait normales. Vous pouvez penser qu’il est éveillé, qu’il souffre d’un petit malaise, vous vous précipitez pour le prendre dans vos bras… Surtout pas, vous allez interrompre son rêve.
Et si vous cassez son rythme de sommeil, bébé risque de vous gratifier de nuits entrecoupées. Il va se réveiller toutes les deux heures, toutes les nuits ou presque, tout simplement parce que son cerveau aura enregistré qu’une période de rêve se finit toujours par un réveil. Alors, laissez-le dormir!

Sommeils léger et profond

À la fin du premier mois, il dort encore 70 % de son temps. Il ne dort pas constamment de la même façon: ses jours et ses nuits se décomposent en sommeil profond et sommeil léger. Dans le premier, ses yeux sont bien fermés, il respire très régulièrement, seuls ses
doigts et ses lèvres peuvent bouger de manière perceptible. Le second se caractérise par de nombreux mouvements oculaires sous les paupières, des grimaces, des mouvements des membres, voire même du corps. Enfin, il existe un état intermédiaire entre veille et
sommeil : l’enfant somnole, il peut même avoir les yeux largement ouverts.
Mais pourquoi ce bébé dort-il autant? Tout simplement pour parfaire sa maturation cérébrale. On s’est aperçu que c’est au cours du sommeil que l’organisme produit en quantité maximale la fameuse hormone de croissance indispensable à son bon
développement. Si un bébé dort tout le temps, c’est aussi qu’il ignore encore la différence entre le jour et la nuit. Il ne commencera à faire cette différence qu’au bout de quelques semaines. En attendant, ses temps de sommeil diurne et nocturne sont aussi nombreux et ses réveils sont dus au hasard. C’est vers trois ou quatre semaines qu’il se règle sur le rythme circadien de 24 heures. Ce petit dormeur déteste, en général, être dérangé. Un réveil intempestif déclenche ses pleurs. Pourtant, dès les premiers jours, on peut nettement distinguer les gros des petits dormeurs: très rapidement, chaque enfant acquiert sa personnalité de dormeur. En réalité, à cet âge, la plupart des troubles du sommeil sont à mettre sur le compte d’une mauvaise interprétation du comportement du nourrisson. Il est tout à fait courant pour un tout-petit de se réveiller et de pleurer en pleine nuit ; il n’y a là rien d’anormal, ni de grave, a tout simplement faim. Une tétée ou un biberon supplémentaire suffira à lui redonner un sommeil paisible.

Enfin des nuits calmes

Les nuits agitées ne vont heureusement pas durer; généralement, le biberon de la nuit n’est plus systématique au cours de la quatrième semaine et disparaît tout naturellement vers deux mois. Voici deux signes qui doivent vous faire entrevoir ce changement: bébé va
espacer lentement ses repas de nuit et va réclamer un peu moins souvent, là où auparavantréclamait encore toutes les trois heures. Le deuxième signe est plus difficile à supporter: Il s’agit des pleurs du soir que l’on met à tort sur le compte de la faim ou de désordres digestifs. De l’avis des spécialistes, bébé a littéralement emballé son système d’éveil ne sait plus l’arrêter; une seule solution: ne pas chercher à le consoler à tout prix, ne pas lui proposer à manger, mais l’endormir au plus vite. Le seul moyen efficace serait de le bisser s’apaiser seul, encore faut-il pouvoir supporter ses pleurs…