Quel liquide étonnant! Le liquide amniotique est à la fois fourni par la mère et par l’enfant. Le foetus en avale beaucoup, le régurgite souvent. Il reçoit notamment ses urines, complètement aseptisées. Le liquide amniotique d’une future maman en bonne santé est clair, abondant, en constant renouvellement (toutes les trois heures).
Pour 1 litre que contient l’utérus, 3 à 4 litres sont fournis par jour au terme de la grossesse.
Sa composition est proche de celle du sang et l’on y trouve des cellules de la peau du bébé.

Un liquide nutritif et protecteur 

Ce liquide unique, composé d’eau riche en sels minéraux à 95 %, contient des cellules fœtales, de petites particules blanches de vernix caseosa, cette graisse protectrice qui couvre tout le corps du futur bébé jusqu’à sa naissance. Il sert aussi à maintenir le fœtus à température constante. C’est encore un merveilleux amortisseur de bruits et de chocs.
De plus, son asepsie en fait une précieuse barrière contre certaines infections. C’est son écoulement qui signale la proximité de la rupture de la membrane et le risque d’accouchement prématuré.
Vérifier l’état du liquide amniotique est un des éléments qui permettront, à terme, de contrôl le bon déroulement de la fin de la grossesse. Cet examen se fait à l’aide d’un amnioscope, petit cône qui, introduit dans le col, permet à la sage-femme d’observer l’aspect du liquide à travers les membranes, et notamment sa couleur.

Les troubles du liquide amniotique

Trop de liquide amniotique peut être un trouble passager, mais si ce trouble persiste, il s’agit d’un hydramnios (plus de 2 litres). Dans ce cas, l’utérus est anormalement distendu, ce qui peut provoquer des contractions. C’est alors un risque d’accouchement prématuré.
Ces problèmes d’hydramnios sont souvent liés au diabète, à des malformations fœtales ou aux incompatibilités sanguines. Avant toute intervention telle une ponction, l’échographie donnera un bilan du développement du fœtus et parfois la cause de l’hydramnios. Trop peu de liquide amniotique, l’oligoamnios (moins de 200 ml), peut être
aussi un trouble passager qui n’est pas alarmant. C’est l’absence, ou l’extrême rareté persistante, qui doit inquiéter. Là encore, l’échographie permet de diagnostiquer des troubles du développement chez l’enfant. Le manque de liquide peut être dû à une fissuration de la poche des eaux.
Très souvent, ce trouble n’est que transitoire, sans que l’on puisse en déterminer la cause.
Il semble encore que ce liquide ait un rôle de lubrifiant des voies génitales au moment de l’accouchement, facilitant ainsi le passage du bébé.

Un formidable lieu d’échanges

Le liquide amniotique est contenu dans un sac, fait d’une double membrane translucide appelée « amnios » à l’intérieur et à l’extérieur « trophoblaste ». Plus l’enfant se développe, plus le sac
grandit au point d’occuper en fin de grossesse tout l’espace utérin.
Les membranes du sac amniotique jouent aussi un rôle important dans  les échanges fceto-maternels, par l’intermédiaire du liquide amniotique dont elles modifient la composition.

Les membranes sont au nombre de deux, le chorion et l’amnios. Le chorion est contre la paroi utérine et l’amnios contient le liquide amniotique et le fœtus. Au fur et à mesure que l’un et l’autre vont se développer, l’amnios se rapproche du chorion et, à terme, ils vont s’accoler. Ces deux membranes se composent de plusieurs couches
de tissus de nature différente. Elles ne sont ni innervées ni vasculansées, par contre, elles sont poreuses et capables de produire des échanges métaboliques importants. Ainsi les hormones prolactines et stéroïdiennes les traversent de même que les pros-taglandines, la relaxine, la ressme et d’autres substances encore.