Dans certains cas, le médecin prescrira un autre examen: le Doppler. Cet appareil, lui aussi utilisant la propriété de résonance des ultrasons, permet de mesurer le flux dans les vaisseaux sanguins. L’appareil analyse la vitesse du sang dans les artères de l’utérus et les vaisseaux du cordon ombilical : les ultrasons se réfléchissent alors sur les globules rouges en mouvement. La variation de fréquence fait surgir un son qui s’exprime sur un graphique. Le Doppler, au cours de la grossesse, est essentiellement utilisé pour déceler une souffrance fœtale, un retard de croissance du fœtus, lors d’une hypertension maternelle ou lorsqu’il y a risque d’éclampsie (affection grave caractérisée par des convulsions associées à une hypertension).

Améliorer le diagnostic prénatal

Depuis peu, il existe des appareils qui transmettent une image en couleurs. Loin d’être une sophistication inutile, ils améliorent le diagnostic prénatal. L’examen, notamment du cerveau de l’enfant, donne de précieuses indications sur sa santé présente et à venir. L’intérêt de ces examens a été reconnu si la mère a des antécédents obstétricaux, si elle est hypertendue, diabétique ou souffre d’une maladie immunitaire, si l’on détecte une anomalie du liquide amniotique ou une malformation fœtale. Il est ainsi très utilisé dans la surveillance des jumeaux.

Différents examens

Selon ce que veut savoir le médecin, il vous prescrira des examens différents.

  • La mesure du cordon ombilical: cet examen se fait au niveau d’une des artères du cordon. Il renseigne parfaitement sur la qualité des échanges entre le placenta et le fœtus. Il permet de présager la croissance de l’enfant. En surveillance systématique, on le fait surtout au 2e trimestre, il sera répété entre la 32e et la 34e semaine, plus, si nécessaire.
  • La mesure sur l’artère utérine: une des plus délicates, est utile en cas d’hypertension maternelle. Elle permet notamment de chercher les raisons d’un retard de croissance. Elle est pratiquée au cours du 2e trimestre de la grossesse, entre la 22e et la 24e semaine, et est souvent faite conjointement avec l’échographie de dépistage des malformations. Ce Doppler signale aussi les risques de complications vasculaires maternelles.
  • La mesure sur l’artère cérébrale du fœtus est prescrite si la future maman a déjà eu des difficultés au cours d’une première grossesse. Elle permet d’évaluer une détresse fœtale, notamment en cas de mauvais apport en oxygène. Ce Doppler sera effectué dès le 2e trimestre de la grossesse si l’une des deux mesures précédentes se révèle anormale. Il est pratiqué aussi en cas d’hypertension. En fait, cette mesure confirme bien souvent les observations faites au cours des mesures du cordon ombilical et celles sur l’artère utérine.

À quoi servent les échographies?

La première échographie se pratique vers la 12* semaine d’aménorrhée. Elle permet notamment de dater exactement la grossesse et donne une image assez globale du fœtus
avec un examen aisé des membres et de la proportion de la tête. La
deuxième échographie se pratique entre 20 et 22 semaines d’aménorrhée. Elle donne une image plus restreinte, mais plus détaillée, notamment du cerveau et du cœur du futur bébé. La troisième et dernière échographie se situe entre 32 et 34 semaines d’aménorrhée et permet, entre autres, de contrôler la position du fœtus et de donner les informations nécessaires au médecin accoucheur pour décider du mode d’accouchement Ce dernier examen n’est pas remboursé par la Sécurité sociale, sauf en cas de grossesse pathologique. Dans les trois cas, l’échographiste procède  à diverses mesures en appréciant la croissance des os du crâne, des os longs et de certaines parties molles; il localise le placenta par rapport au col de l’utérus; il évalue la quantité du liquide amniotique; il vérifie le stade de développement des principaux organes et leur bon fonctionnement. Ses qualités professionnelles sont importantes dans l’évaluation des risques de malformations.

Bien vous préparer

L’examen échographique demande quelques petites attentions, tout simplement pour assurer la netteté de l’image, indispensable à une bonne interprétation.
Voici les consignes à respecter :
– ne pas mettre de crème hydratante ou autre sur votre entre dans les huit jours qui précèdent l’examen;
-boire trois quarts d’heure avant l’examen un litre d’eau de manière à remplir votre vessie. Elle va remonter l’utérus et permettre une meilleure image. L’examen se pratique dans une salle spécialement aménagée: on y trouve un  divan ou une table d’examen et, bien sûr, l’échographe avec un ou deux écrans. Au moment de l’examen, l’échographiste passe un gel sur la peau du ventre de la future maman pour permettre un meilleur contact de la sonde de l’appareil échographique. Celle-ci émet et reçoit les ultrasons qui sont de très faible puissance. Une étude faite sur une multitude d’examens permet de confirmer leur totale innocuité. Jamais un incident n’a été signalé. Une autre technique échographique utilise une petite sonde vaginale; dans ce cas la vessie peut être vide.

UNE TECHNOLOGIE VITALE

L ‘échographie permet aussi de pratiquer des interventions chirurgicales pour soigner la mère ou l’enfant. Chez la mère, cela consiste essentiellement à effectuer la ponction d’un kyste de l’ovaire
s’il est trop gênant. Mais l’échographie est particulièrement précieuse pour soigner le bébé. Il est possible, par exemple, de ponctionner les poumons d’un fœtus atteint de pleurésie. Les médecins soulagent l’enfant et peuvent analyser la nature du liquide qui perturbait le développement des poumons. De même, l’échographie permet d’intervenir pour décongestionner un rein dilaté ou ne vessie bloquée. Là encore, la ponction va permettre de savoir si c’est un rein — et lequel — qui fonctionne mal ou si c’est la vessie. Il est alors possible d’installer un drain pour vider la vessie  regulièrement. Autre exemple: la ponction, chez un bébé fille, d’un kyste sur un ovaire qui serait esé sans cette intervention. C’est encore sous échographie que sont faits tous les prélèvements de liquide amniotique lorsqu’on redoute une maladie infectieuse, ou qu’on a besoin d’analyser certains marqueurs biochimiques qui indiquent un mauvais fonctionnement de l’appareil digestif ou une maladie génétique. Cette technique est encore vitale lorsqu’il faut transfuser un bébé anémié.