Un accouchement programmé signifie choisir le jour de la naissance sans tenir compte de la volonté de naître de l’enfant. Sur le plan médical, on situe la date idéale pour accoucher entre le milieu de la 39e semaine et la fin de la 40e semaine d’aménorrhée.

Les indications médicales

Déclencher un accouchement, c’est devancer la nature. Cet acte n’est pas sans risque et il doit se pratiquer pour des motifs précis et dans des conditions médicales idéales.
Les indications médicales sont de deux ordres. Pour des raisons de santé maternelle, il est indispensable d’abréger la grossesse. C’est, par exemple, le cas d’une mère hypertendue ou présentant une affection cardiaque ou pulmonaire. L’autre raison est l’intérêt
du fœtus. L’enfant souffre dans l’utérus de la mère et mieux vaut le mettre en observation dans une couveuse, à condition que les médecins l’estiment capable de supporter la poussée des contractions et l’effort de la naissance.
Bien sûr, certaines conditions sont indispensables pour ces accouchements à la demande, notamment des paramètres obstétricaux idéaux et la présentation classique de l’enfant tête
en bas. Tous ces éléments peuvent être évalués, ce qui permettra d’apprécier la plus ou moins grande facilité avec laquelle se fera l’accouchement. Plus le score est élevé, meilleures sont les conditions obstétricales. Enfin, on doit être certain de la maturité du bébé. Sauf cas pathologique, on ne déclenche pas un accouchement avant 38 semaines et demie ou 39e semaines. Encore faut-il être sûr de la date du terme. On peut obtenir la maturation du col en appliquant un gel à base de prostaglandine.

La surveillance

Le déclenchement se pratique tout d’abord par la perfusion d’une hormone, l’ocytocine, qui déclenche les contractions de l’utérus. La femme est allongée sur la table d’accouchement, on installe autour d’elle des appareils de surveillance des contractions utérines et du rythme cardiaque fœtal (p. 324). On augmente progressivement, sous ce contrôle permanent, la dose d’ocytocine jusqu’à ce que l’on obtienne des contractions bien régulières (lorsque la dilatation du col le permet).
D’autres méthodes peuvent être utilisées pour stimuler la naissance. Une d’entre elles consiste, lorsque le col de l’utérus est partiellement ouvert, à décoller les membranes fœtales du col, une intervention manuelle qui n’est pas toujours agréable. Autre solution,
l’amniotonie : grâce à un appareil spécial, le médecin rompt ces membranes.
Aujourd’hui, le déclenchement est associé à une péridurale pour permettre à la mère de mieux supporter la longueur accrue du temps de travail. Ensuite, la poche des eaux est rompue et la naissance se déroule normalement.

Consulter avant

L’anesthésie péridurale prévue avant l’accouchement doit être
précédée d’une consultation pré-anesthésique.
Au cours de celle-ci, le médecin aplique les précautions à prendre
péridurale et les risques encourus. Il précise aussi les modifications qu’elle entraîne dans le déroulement du travail de l’accouchement.
Il examine la future maman pour prévoir les produits anesthésiants
les mieux adaptés. Il demande en outre un certain nombre d’exa-
mens tels que le contrôle du groupe sanguin, le dosage d’hémoglobine et la normalité de la coagulation.

Déclenchement: dans quelles conditions…

Il faut que la future maman donne son consentement et, éventuellement, son mari doit faire de même. II faut connaître avec certitude la date du début de la grossesse pour éviter la naissance prématurée du bébé.

Il ne doit pas y avoir de contre-indication.
Le col de l’utérus doit être dans un état favorable, c’est-à-dire « mûr ».

…et pourquoi ?

Aux impératifs médicaux, s’ajoutent parfois des convenances personnelles : la mère souhaite accoucher à une date bien déterminée pour des raisons de confort à la fois familial et psychologique. Ce genre de motifs est critiqué par un grand nombre de praticiens, car apparemment, il  y a risque supplémentaire pour un bénéfice médical quasiment nul. Seuls avantages, peut-être, la future maman est à jeun, reposée ; la surveillance fœtale s’établit dès le début, le contrôle des contractions est aisé, la mobilisation de l’équipe médicale est totale.

PROGRAMMER L’ACCOUCHEMENT

le pense que dans l’avenir, cette pratique va devenir courante. Aujourd’hui, tout n’est pas parfait.
La programmation se fait soit en fonction d’une situation médicale lorsque la poursuite de la grossesse comporte un risque pour la mère ou pour l’enfant, soit à la convenance de la femme et de sa famille, soit enfin à celle du médecin. Le mieux est que l’un et l’autre se mettent d’accord. L’accouchement programmé permet à la future accouchée d’avoir la certitude que le médecin qu’elle a choisi est disponible, qu’elle n’arrivera pas à la maternité en urgence, surtout si elle a fait le choix d’un lieu un peu éloigné. Mais un tel accouchement ne se fait pas dans n’importe quelles conditions.
Sa réussite tient au fait qu’il doit être déclenché au bon moment. La sage-femme et l’accoucheur vérifient l’état du col: s’il est perméable, il (elle) peut rompre les membranes pour déclencher le travail. En un mot, il ne suffit pas de décider pour qu’il soit réalisable. Ces accouchements paraissent toujours plus longs parce qu’ils sont médicalisés dès le début. Ils se font sous péridurale et une perfusion intraveineuse est installée dès le début du travail pour moduler les contractions. C’est un choix qui vous appartient.