Vous attendez des jumeaux, voire des triplés. Le choix du lieu de votre accouchement demande quelques précautions. La naissance de jumeaux, ou d’enfants plus nombreux, exige, plus encore que dans le cas d’un accouchement ordinaire, le choix d’un hôpital ou d’une clinique de qualité. Il est préférable de s’assurer qu’un médecin accoucheur sera présent, ainsi qu’un pédiatre néonatalogiste et un anesthésiste.

Quel accouchement?

Il peut se faire sous péridurale mais cela n’est pas toujours accepté par tous les médecins accoucheurs. L’utilisation de Pocytocine pour favoriser les contractions est parfois jugée délicate pour les enfants prématurés ou de petit poids, ce qui est le cas de la plupart des jumeaux. La surveillance de l’accouchement se fait par monitoring, en plaçant une électrode in utero pour contrôler le rythme cardiaque du premier bébé, et à l’extérieur, sur le ventre de la mère, pour surveiller celui du deuxième.
Tout comme pour l’accouchement d’un seul enfant, la future maman est parfois soutenue par une perfusion de glucose. Si le médecin aide la dilatation par l’injection d’ocytocine, celle-ci sera arrêtée dès la naissance du premier jumeau. Si l’épisiotomie n’a pas été nécessaire pour sa sortie, on la pratique généralement pour faciliter celle du second bébé.
Dès la naissance du premier enfant, le médecin place une électrode in utero pour surveiller le rythme cardiaque du deuxième, et il vérifie sa présentation. Normalement, sa naissance doit être rapide.
Le recours à la césarienne n’est obligatoire, dans le cas de naissance gémellaire, que lorsqu’il y a souffrance fœtale, présentation non céphalique du premier enfant ou en  cas d’anomalie de la dilatation, ce qui est assez fréquent. Elle peut être pratiquée entre les deux naissances, le premier enfant naissant par voie basse, le second par césarienne, mais cela est rarissime.

Éviter la prématurité

Dans certaines maternités, on préfère programmer la naissance de jumeaux. Dans ce cas, elle est prévue entre la 38e et la 39e semaine d’aménorrhée. À ce terme, les enfants n’ont plus à craindre les risques de la prématurité.
Actuellement, 45 % des jumeaux naissent avant l’heure, très souvent avant le 8″ mois, parfois même plus tôt, auquel cas ce sont de grands prématurés. Les choses ne sont pas simples non plus pour la mère. En effet, on constate après la naissance de jumeaux beaucoup plus d’hémorragies au moment de la délivrance, en raison de la présence de deux placentas (ou d’un seul, mais très gros) et de deux sacs amniotiques.

Un diagnostic précoce

Grâce à l’échographie, on peut diagnostiquer très tôt une grossesse gémellaire, dès la 5e semaine d’aménorrhée, en visualisant des sacs gestationnels. À la 7e semaine, on peut voir les embryons et à la 8e semaine, on distingue leurs premiers mouvements. Généralement, ce diagnostic précoce est réalisé lorsque le médecin s’interroge sur
des manifestations telles qu’un volume utérin plus important que la normale ou des vomissements difficiles à enrayer. Bien sûr, à ces signes s’ajoutent des informations concernant les antécédents familiaux ou la présence d’une grossesse obtenue par procréation assistée avec transfert de plusieurs embryons. D’une manière générale, il est important pour la suite de savoir si les fœtus sont de vrais jumeaux (homozygotes ou monozygotes) ou de faux jumeaux (hétérozygotes ou dizygotes). Mais ce diagnostic n’est possible que par une échographie avant la fin du premier trimestre de grossesse. Plus tard, la distinction est impossible à faire. Seul un caryotype, fart à partir d’un prélèvement de trophoblaste ou de sang fœtal, peut donner cette information. Mais les risques de fausse
couche réservent cette recherche à des cas très spécifiques. Vrais et faux jumeaux ne se développent pas de la même façon. Les vrais jumeaux ayant tendance à avoir plus de problèmes médicaux que les faux.

Institut spécialisé

Le spécialiste mondial des jumeaux, le docteur Luigi Gedda, a créé à
Rome un dispensaire unique au monde, l’Institut Georgio-Mendel.
Là, il étudie et soigne gratuitement tous les jumeaux qui le désirent.
Seule condition, ils doivent venir ensemble même si seul l’un d’entre
eux est malade: la maladie de l’un permet de prévenir la même mala-
die qui ne va tarder à atteindre l’autre.

Y a-t-il un aîné?

En théorie, oui: sur le registre d’état civil, le premier-né est considère
comme l’aîné, puisque l’heure de sa naissance se situe avant celle de son jumeau. Comme quoi il ne faut pas grand-chose pour faire de vous celui dont le comportement quotidien servira d’exemple.

Triple don

L’hôpital Tenon a accueilli la naissance de triplés, conçus grâce à un
don d’ovules. Comme pour toutes les fécondations in vitro, celles faites à partir de dons d’ovules nécessitent implantation de plusieurs embryons pour être sûr d’obtenir au moins une grossesse. Souvent, ces réimplantations donnent des naissances multiples. Récemment, des triplés ayant bénéficié du nouveau diagnostic pré-implantatoire (DPI) sont nés à l’hôpital Antoine-Béclère.

Le chouchou de ses parents

Des études menées au Canada et aux États-Unis mettent en évidence une nette préférence de la mère, et souvent des deux parents, pour l’un des jumeaux. Dans plus de 80 % des cas, c’est l’enfant le plus beau, celui qui semble en meilleure santé qui est le chouchou, et cela dès les premières semaines après la naissance.
Un chercheur américain a mené son enquête à partir de photos de famille montrant des jumeaux ensemble. On remarque alors très vite celui qui a toutes les préférences. Il est mieux habillé, plus à son avantage sur la photo, souvent au premier plan par rapport à son frère ou à sa sœur.
On a cherché à savoir si la sollicitude parentale était multipliée par deux en présence de jumeaux. Les chiffres montrent que les parents sont un peu plus disponibles mais pas dans des proportions doubles.
Ainsi s’est-on aperçu que les jumeaux prématurés reçoivent la visite de leurs parents un peu plus souvent que l’enfant seul prématuré et que cette visite est plus longue.
Les études mettent aussi en évidence que la préférence de l’un à l’autre peut varier avec le temps et qu’elle aurait tendance à s’estomper au fur et à mesure que les deux enfants grandissent.