Aujourd’hui, les progrès de l’obstétrique permettent d’affirmer qu’il est possible d’avoir des enfants, même tardivement, sans risque. Bien qu’elles soient aujourd’huiplus fréquentes, les maternités dites tardives (40 ans et plus) ne sont pas encore légion mais leur fréquence a tendance a augmenter.

Plus de complications

Après 38 ou 39 ans, les femmes risquent de souffrir d’un inconfort plus grand pendant leur grossesse: fatigue générale et troubles veineux sont plus fréquents ou, pour celles qui y sont sujettes, aggravés tant par la grossesse que par l’âge. On note encore que plus une femme enceinte est âgée, plus elle est exposée à l’hypertension, au diabète, aux problèmes gynécologiques et surtout à ceux entraînant des naissances prématurées. En effet, les chiffres montrent que le taux de prématurité passe de 6 % à 16 % quand la mère a plus de 40 ans. Une grossesse tardive doit être bien surveillée et l’on recommande une analyse du liquide amniotique et une échographie afin de dépister  suffisamment tôt toute malformation, en particulier la trisomie 21. Responsable du mongolisme, sa fréquence est de 1 % â partir de 40 ans  (1 pour 2 000 dans une population générale). Ces difficultés peuvent être  attribuées au vieillissement des ovocytes. En effet, la femme naît avec un potentiel de 300 000 ovules environ. À 35 ans, elle produit donc des ovules qui ont, eux aussi, 35 ans. De plus, ces grossesses sont menacées. Les fausses couches du premier trimestre sont beaucoup plus nombreuses (plus de 30 % d’entre elles ne dépassent pas le stade du deuxième mois). Enfin, on constate dans le domaine de la fécondation médicalement assistée un taux d’échecs très important, à tel point que certaines équipes médicales dissuadent les candidates de plus de 37 ans.

Le choix volontaire de ces grossesses fait que les mères se prêtent volontiers aux nombreux contrôles médicaux qu’elles imposent.
Leurs risques modérés devraient gommer toute angoisse.

Plus de césariennes
L’accouchement n’est pas toujours facile. Les femmes de plus de 40 ans accouchent par césarienne deux fois plus que les autres mères; les hémorragies sont fréquentes, soit à cause de plusieurs grossesses antérieures, soit en raison d’un placenta praevia.
Leur bébé est souvent plus gros que la normale et, après l’accouchement, elles ont de plus grandes difficultés à retrouver leur ligne.

L’âge du père

Ce n’est pas tout à fait démontré, mais il semble que l’âge du père puisse aussi avoir des conséquences génétiques. On sait simplement qu’il est plus difficile de devenir père à 60 ans qu’à 20 ans en raison de la qualité et de la quantité des spermatozoïdes. Sur le plan psychologique, on ne saurait trop recommander aux pères en âge d’être plutôt grands-pères de faire le point sur leur capacité à supporter les pleurs et la turbulence d’un petit enfant. Se pose aussi la question de l’avenir familial à l’adolescence, à un moment où la présence d’un père est importante.

Dépistage de la trisomie 21

La trisomie 21 est une perturbation du nombre de chromosomes (47 au lieu de 46), le chromosome 21 étant au nombre de trois et non de deux. Le dépistage de la trisomie se fait généralement à la 16-17e semaine d’aménorrhée par analyse du liquide amniotique, à la 10e semaine par une biopsie du trophoblaste, il peut encore se faire
par ponction du sang fœtal à partir de la 20″ semaine d’aménorrhée.
Tous ces examens sont pris en charge en totalité par la Sécurité sociale, mais sous condition que la future maman soit identifiée comme « à risque ». Comment le savoir ? Ce sont d’abord les futures mamans de plus de 38 ans et celles ayant des antécédents familiaux de mongolisme. Ce sont également celles dont l’échographie de 12-13 semaines d’aménorrhée révèle une épaisseur de la nuque du fœtus, ou encore une élévation anormale de la BHCG ou de l’alpha-fœtoprotéine détectée dans le sang maternel. Cet examen du sang est proposé entre la 15e et 18e semaine d’aménorrhée à toutes les femmes qui le souhaitent  et soumis à leur accord écrit.