Les grossesses multiples sont une exception pour l’espèce humaine. Une grossesse sur 80 est gémellaire, une naissance est triple pour 100 naissances gémellaires et une naissance est quadruple pour 95 naissances triples. Il existe deux types de jumeaux.
Les « faux » dits dizygotes et les « vrais » dits monozygotes.
Les grossesses dizygotes représentent plus des deux tiers des grossesses gémellaires. Les bébés sont le résultat de la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes, très souvent au cours du même rapport sexuel. Les deux embryons se développent côte à côte et ont chacun leurs annexes. Chacun a ses membranes et son propre placenta, il n’y a aucune communication entre eux. Ces enfants n’ont pas obligatoirement le même sexe et se ressemblent simplement
comme frère et sœur. On cite même le cas de deux jumeaux n’ayant pas la même couleur de peau, leur mère ayant eu deux rapports fécondants rapprochés avec deux hommes de couleur différente. Certains scientifiques pensent parfois, devant la différence de
développement in utero de deux jumeaux, qu’ils ont été conçus à quelques jours d’intervalle; certains encore pensent même qu’ils peuvent avoir un mois d’écart, la première grossesse n’ayant pas bloqué le fonctionnement des ovaires. Aucune preuve scientifique n’a, pour l’instant, étayé leurs dires.

Un bébé en double exemplaire

Les grossesses monozygotes sont beaucoup plus rares et représentent un tiers des cas.
Les enfants sont issus de la fécondation d’un seul ovule par un unique spermatozoïde.
Cet œuf va se diviser en deux sans que l’on sache pourquoi et à quel moment exactement.
Ce qui est sûr, c’est que cette division doit se faire avant le 15e jour qui suit la fécondation.
Il semble que ce moment ait une importance sur l’installation de l’œuf
dans la paroi utérine. Se on les cas, ; haque œui a ses propres annexes  ses propres membranes et son propre placenta, mais il se peut aussi que les embryons se nourrissent sur un seul placenta: ils peuvent avoir chacun leur amnios ou au contraire se développer dans le même sac amniotique. Les annexes communes posent parfois des problèmes de communication de circulation, l’un des jumeaux recevant plus de sang que l’autre. Le jumeau transfusé risque de recevoir trop de sang et de souffrir d’insuffisance cardiaque alors que le jumeau « transfuseur » peut manquer d’apport sanguin, ce qui provoque chez lui une anémie et une hypotrophie. Dans ce cas, on pratique une intervention in utero.Les « vrais » jumeaux sont bien sûr du même sexe et se ressemblent presque à l’identique puisqu’ils ont le même patrimoine génétique. Leurs empreintes digitales sont presque superposables et ils ont souvent les mêmes capacités intellectuelles et les mêmes goûts.

Soyons clairs, il faut considérer les septuples américains comme une erreur médicale. Cette réussite ne peut laisser ignorer le nombre d’échecs et de séquelles. Pour moi, c’est une folie d’en avoir fait un exploit médiatique.

De plus en plus nombreux

En France, le taux de naissances gémellaires est passé de 9,4 pour mille en 1970 à 10,5 pour mille en 1986 et le taux de triplés a été multiplié par trois. Phénomène que l’on retrouve aux États-Unis, en Australie et au Japon.
De tout temps, ces grossesses multiples ont étonné et, selon les civilisations, elles étaient la manifestation d’un don de Dieu… ou de sa défiance. Souvent encore, ces enfants étaient considérés comme possédant des dons surnaturels.
Aujourd’hui, la superstition a laissé place à la curiosité des chercheurs qui, dans le monde entier, cherchent à en percer le mystère.
Les enfants nés du même œuf sont les plus « passionnants » sur le plan scientifique puisque, porteurs de la même hérédité, ils permettent d’étudier l’influence du milieu sur leur développement.
Certains facteurs « favorisants » sont connus depuis longtemps. Ainsi, bon nombre de ces grossesses s’observent chez les mères âgées de 35 à 40 ans, notamment si elles sont de groupe sanguin AB. Elles sont fréquentes aussi lorsque la conception survient dans les mois qui suivent l’arrêt de la pilule. Bien sûr, les antécédents familiaux pèsent pour beaucoup et il existe des familles « à jumeaux ». La transmission génétique se ferait par la mère et de manière récessive.
Il semble que la race ait aussi une influence. Ainsi aux États-Unis, les couples de couleur ont une fois et demie plus de jumeaux que les couples blancs et, dans certaines régions d’Afrique, on constate des taux de naissances gémellaires qui peuvent aller jusqu’à 5 %.
À l’inverse, les peuples asiatiques connaissent très peu de naissances multiples.
Le climat semble aussi apporter des modifications: il y a plus de jumeaux dans le Nord de l’Europe que dans le Sud.

Les traitements de la stérilité

À ces facteurs, s’ajoute aujourd’hui la stimulation ovarienne par médication dans le cas de certaines stérilités. Les traitements hormonaux peuvent provoquer l’éclosion de deux ou de plusieurs ovules qui sont fécondés ensemble. On estime alors que 10 à 25 % des grossesses sont gémellaires.
La fécondation in vitro entraîne 20 % environ de naissances multiples. Dans certains cas, pour obtenir plus de chances de réussite, des médecins réimplantent plusieurs œufs, mais la pratique
courante veut que l’on ne transfère généralement que trois embryons au maximum.
La nature décide de ceux qui se développeront, à moins que les médecins ne décident d’effectuer une réduction embryonnaire.
Aujourd’hui, les traitements de mieux en mieux maîtrisés évitent la production d’ovules en grand nombre, à l’origine de grossesses difficiles. Ainsi, sur 865 grossesses qui ont été menées à terme dans un grand centre de fécondation in vitro, 155 ont abouti à la naissance
de jumeaux et 35 à celle de triplés ou de quadruplés.