Cest un enfant qui a décidé de naître plus tôt que prévu ou qui, pour des raisons médicales, n’a pas pu attendre d’être tout à fait prêt pour faire son entrée dans le monde. On classe sur le plan médical ces enfants en trois catégories: les prématurés de 31 à 36 semaines; les grands prématurés, ceux nés à moins de 29 semaines et dont le
poids de naissance se situe entre 1 000 g et 1 500 g, ce sont des enfants menacés mais qui ont bénéficié des grands progrès de la néonatalogie ; enfin, les prématurissimes, nés à moins de 29 semaines et dont le poids est inférieur à 1 000 g. Plus ces enfants naissent tôt, plus ils sont petits, plus leur démarrage dans la vie est délicat.

Favoriser son développement

Le bébé s’est généralement très bien développé jusqu’au jour de sa naissance, mais il naît non fini, car la formation de ses organes est programmée le jour même de sa conception et il leur faut neuf mois pour être achevés. Dans l’incubateur (la couveuse), tous ses organes
vitaux continuent à se développer au même rythme que dans l’utérus maternel. Ce sont particulièrement ses poumons, son cerveau, son système immunitaire et son foie, qui explique parfois l’apparition d’un ictère.
Cet enfant peut encore manquer de globules rouges et il est donc nécessaire parfois de lui faire des transfusions sanguines. Dans tous les cas, il devra recevoir des suppléments en fer ainsi qu’en vitamines.

Des prématurés de cinq mois et demi

Il y a des éléments qui maturent plus vite que d’autres. L’appareil digestif se met rapidement en place, comme un certain nombre d’enzymes, nécessaires à la vie. Les grands organes continuent leur évolution d’une façon absolument immuable. Exceptionnellement, et souvent  au prix de séquelles, on réussit à sauver des enfants prématurés de 5 mois et demi, soit 26 semaines (de 28 à 30 semaines, on en sauve près de 60 % ; à 32 semaines, 75 % et à partir de 36 semaines, 95 %).

Mais la grande difficulté dans les soins tient à ce qu’aucun prématuré
n’est identique à un autre de même âge et de même poids.
Les problèmes liés à leur survie sont très variables. Lorsque l’enfant
est sorti de sa couveuse et rendu à ses parents, c’est un nourrisson
comme les autres. Il n’est pas plus fragile. Simplement, pendant
la première année, surtout si cet enfant est né à 6 mois, il ne faut pas que la mère le compare à un enfant né à terme. À partir de 12 ou 15 mois, les différences s’estompent. Mais il faut toujours corriger son âge par rapport à l’âge de la naissance.

Attention, un enfant prématuré reste un enfant né trop tôt,
même si des prouesses sont faites pour sauver des bébés nés de plus en plus jeunes. M faut insister sur la nécessite du suivi des grossesses à risque, afin d’éviter ces naissances toujours traumatisantes et parfois dramatiques.

Sensible aux relations

Aujourd’hui, on veille tout particulièrement à son développement psychique. On sait que les visites de ses parents ont une influence sur son envie de vivre. Mots tendres, caresses, bain aident à l’établissement de liens précoces. De même, on s’est aperçu qu’une infirmière uniquement soignante pouvait être cause d’angoisse
pour le bébé, aussi demande-t-on à celles qui en ont la charge de lui faire des petites visites amicales pour lui parler ou le caresser. Certains services de néo-natalogie reçoivent même la visite de musiciens.

Des soins de plus en plus sophistiqués

Depuis dix ans, les soins apportés aux enfants prématurés ont fait des progrès considérables. Il semble même qu’on ait atteint un niveau maximal de performance. Ainsi, des enfants prématurés pesant 750 g sont aujourd’hui couramment sauvés. Leur survie est due, d’une part aux soins apportés à leur transport de leur lieu de naissance au service spécialisé de néonatalogie en respectant la « chaîne du chaud » et, d’autre part, à plusieurs grandes découvertes, notamment à la ventilation assistée avec calcul du taux d’oxygène dans le sang, à la nutrition parentérale continue avec une alimentation directe dans l’estomac parfaitement calculée en fonction des besoins de l’enfant, et à la mise au point du surfactant de synthèse qui accélère la maturation pulmonaire.
L’enfant prématuré est installé dès sa naissance dans une couveuse, pour lui garantir la chaleur nécessaire à sa survie et le maintenir à l’abri de tout microbe.
En effet, l’enfant né avant terme souffre d’un manque de défenses contre les infections, c’est pourquoi, les soins sont donnés avec un respect strict des mesures d’hygiène: infirmière et parents portent des blouses sténles. un bonnet sur les cheveux et des bottes protectrices. L’enfant vit les yeux couverts d’un petit masque, et il est installé sous une lumière bleue pour lui éviter une bilirubine en raison de son immaturité hépatique. Il ne doit souffrir d’aucune déperdition de chaleur et porte souvent un petit bonnet de laine et des chaussons. Si, par contre, il ne porte qu’une couche, c’est pour mieux contrôler sa respiration et la couleur de sa peau. Il est nourri à l’aide d’une sonde directement reliée à son estomac, à laquelle on ajoute parfois une perfusion installée dans une veine de son crâne.
Une protection de Plexiglas équipe parfois l’intérieur de l’incubateur, il se peut même qu’on pose un film en plastique directement sur son corps.