Quelle que soit la solution choisie, c’est uniquement au couple d’entreprendre ce choix et, bien sûr, surtout à la mère. Dans tous les cas, on ne saurait trop recommander aux mamans de faire le point sur elles-mêmes avant de prendre toute décision, de ne se laisser influencer ni par la famille, ni par des contraintes sociales, ni par la mode.

Redéfinir votre façon de travailler

Décider de travailler, c’est toujours s’imposer un rythme de vie soutenu. Faire le choix de rester au foyer, c’est un peu se retrancher du monde et se recentrer sur les siens. Aucune des situations n’est, évidemment, idéale. Aussi, il est temps d’étudier toutes les possibilités d’aménagement des horaires de travail : mi-temps, travail à la carte, travail à domicile, sans oublier la possibilité d’opter pour le congé parental d’éducation. Quelle que soit votre option, il est préférable, sans pour l’instant changer de statut, d’en avertir votre
employeur. Pour celles qui décident de continuer une activité professionnelle, l’heure est venue pour elles de s’interroger sur le mode de garde qui sera préférable pour bébé.

Ne pas vous culpabiliser

Décider de travailler ne doit, d’autre part, en rien culpabiliser la mère. Aujourd’hui, on sait que les enfants dont les mères travaillent, et qui sont gardés à domicile ou à l’extérieur, ne souffrent pas de l’absence maternelle si, au moment des retrouvailles, leur mère est disponible. Quelques minutes de protonde communication et d’échanges riches sont bien plus profitables pour le développement affectif de l’enfant qu’une présence constante et relativement ne indifférente. Le bébé, qui vit en symbiose avec sa mère, sera sensible  à sa tension si elle reste au foyer alors qu’elle s’y ennuie ou si, inversement, elle travaille alors qu’elle ne le désire pas. Mais il faut savoir qu’avoir un enfant limite bien souvent les ambitions  professionnelles des mères. Mis à part le fait que certains employeurs ne favorisent pas leur avancement, estimant bien souvent qu’un enfant en  bas âge est cause de beaucoup d’absentéisme, sur le plan psychologique, les jeunes mamans, tout au moins pendant un an ou deux, se désinvestissent toujours un peu professionnellement. Réussir leur rôle de mère semble souvent plus important que faire carrière. En voici la preuve: 200 000 femmes ont quitté leur emploi, incitées par l’allocation parentale d’éducation.

Ce qui est important  dans le développement du bébé, ce n’est pas une présence quantitative des parents mais une attention qualitative. L’essentiel est d’être disponible pour les relations affectives et les jeux. 

Avant la naissance, pensez à la première séparation

La psychologue clinicienne Nathalie Loutre-Du-Pasquier a exercé longtemps en crèche et s’est interrogée sur la difficulté de concilier activité professionnelle et maternité.
Quand une femme salariée attend un enfant, la priorité des priorités est de trouver un mode de garde. En effet, il faut qu’elle prenne une décision bien avant la naissance de son bébé.
Or, elle n’y est pas du tout préparée psychologiquement: on lui demande de se représenter la séparation bien avant que son enfant soit né! De ce fait, beaucoup de femmes reculent cet instant le plus longtemps possible. D’autre part, après avoir recommencé à travailler, ces mères devraient pouvoir aménager leurs horaires de façon à ce qu’elles puissent s’adapter à leur nouvelle situation.

Vous et les autres

Selon les derniers chiffres communiqués par le Centre d’étude de
l’emploi, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler, conséquence: le taux de travail des mères est essentiellement lié au nombre des enfants de la famille.
En effet, 75 % des mamans françaises travaillent si elles ont un enfant, 65 % lorsqu’elles ont deux enfants, et 38 % quand la famille compte trois enfants et plus.
Aussi, de plus en plus de femmes choisissent de travailler à temps
partiel.