Si vous avez l’intention de reprendre votre activité professionnelle après la naissance de votre bébé, c’est dès maintenant qu’il faut lui chercher un lieu d’accueil. En effet, les différents modes de garde sont incapables de prendre en charge les 770 000 enfants de moins de 3 ans vivant en France et dont les parents travaillent. Les modes de garde organisés par la collectivité ne peuvent couvrir que 44 % des besoins. Et s’il fallait une preuve de la disparité entre le souhait des parents et la réalité, le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a étudié plus particulièrement le comportement des parents; 18 % d’entre eux estiment que les crèches collectives sont le mode de garde le plus satisfaisant, mais 30 % sont obligés de faire appel à une assistante maternelle, agréée ou
non; 41 % des mères qui souhaiteraient voir leur enfant inscrit à la crèche ne réussissent pas à en franchir la porte. Sauf opposition de votre part, la première démarche est à faire auprès d’une crèche collective. C’est un établissement le plus souvent municipal, parfois privé, géré par une association ou une entreprise (ce sont les plus rares).

Des normes strictes a respecter

La crèche collective est sous la responsabilité d’une puéricultrice diplômée d’État; c’est une professionnelle qui doit avoir cinq ans d’expérience en milieu hospitalier pédiatrique ou en tant que directrice adjointe d’une crèche. Elle est secondée par des auxiliaires
de puériculture titulaires d’un BEP (brevet d’enseignement professionnel). C’est un établissement réglementé, sous le contrôle de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales de la préfecture où il est établi.
La crèche collective doit se soumettre à des normes : l’encadrement est constitué d’une auxiliaire de puériculture pour cinq enfants, d’une jardinière d’enfants pour huit enfants qui marchent, d’une diététicienne, d’une cuisinière, des employées de ménage.
Et, suivant la taille de la crèche, d’un médecin et d’un psychologue vacataires. Les locaux doivent avoir été conçus pour accueillir de jeunes enfants et, notamment, permettre une surveillance parfaite. La crèche collective offre une garde permanente des enfants âgés
de 2 mois à 3 ans, du lundi au vendredi, de 7 heures à 19 heures, mais ces horaires peuvent être modifiés par la directrice. Les enfants malades sont de plus en plus souvent acceptés, sous condition de non-contagion.
Avant d’être inscrit à la crèche, votre bébé devra passer une visite médicale effectuée par le médecin de l’établissement en présence d’un des parents. Il aura été préalablement vacciné par le BCG et doit être bien suivi médicalement. De plus en plus souvent, les crèches ouvrer leurs portes aux enfants handicapés. L’enfant, une fois intégré, est nourri, parfois habillé et blanchi. Son linge de toilette lui est toujours personnel.

Le bon âge

Les recommandations de la DASS donnent comme âge idéal pour entrer à la crèche la fin des congés de maternité. Le plus mauvais moment pour mettre un enfant en crèche étant entre 6 et 18 mois, l’enfant ayant alors besoin, sur le plan psychologique et affectif, d’une
grande stabilité. L’enfant qui entre en crèche à 2 mois et demi a de fortes chances d’y rester jusqu’à l’âge de l’entrée à l’école maternelle, sauf déménagement ou changement de situation des parents. Suivant les établissements, les enfants sont répartis en sections par âge:
les nourrissons, les enfants qui ne marchent pas et les grands qui marchent, ou regroupés en familles où tous les âges sont mélangés.

Les crèches collectives sont en principe réservées aux enfants dont les deux parents travaillent. Un parent au chômage est considéré comme « travaillant ». Sont prioritaires les mères célibataires. Généralement, les frais de garde sont payés mensuellement et calculés en fonction des revenus du foyer. Mais il existe une grande disparité d’une ville à une autre.

Des lieux d’éveil et de socialisation… difficiles à obtenir

Depuis quelques années, les parents sont un peu plus intégrés aux activités de la crèche.
Ils peuvent, notamment, prendre le temps le matin de quitter leurs bébés calmement, et de les retrouver doucement le soir. Certaines crèches ont même institué des carnets de correspondance parents-personnel de crèche, chacun indiquant par quelques mots les événements marquant de la journée ou de la soirée. Aujourd’hui, les crèches sont considérées comme des lieux d’éveil et de socialisation importants pour le petit enfant.
On peut même affirmer, études à l’appui, que les enfants ayant fréquenté la crèche se scolarisent plus facilement que les autres.
Mais leur inconvénient reconnu est la multiplication des petites infections telles que les rhinopharyngites et les maladies infantiles contagieuses. Généralement, ces soucis se situent la première année, touchent en majorité toujours les mêmes enfants et semblent être en
relation avec des problèmes psychosomatiques, la mère éprouvant une vraie difficulté à confier son bébé à un établissement collectif. Dans ce cas, un changement de mode de garde est souvent le traitement radical.

Trouver une place

Un conseil pour avoir une place en crèche: il ne faut pas hésiter à renouveler votre demande à multiplier vos visites tout au long de vos congés de maternité. Attention, « inscription » signifie pas « admission ». L’admission étant décidée par une commission municipale, hésitez pas à vous faire connaître des élus. Pour votre premier rendez-vous avec la directrice la crèche, munissez-vous de votre carnet de maternité, de vos fiches de salaire et de celles votre mari, et d’un justificatif de domicile. Dans les grandes villes, les crèches étant plus
breuses, inscrivez-vous dans plusieurs à la fois.