Grossesse et médicaments: la prudence est de mise



Tout au long de votre grossesse, les médecins vont vous mettre en garde contre l’automédication: cette manie que beaucoup d’entre nous avons de prendre des médicaments sans consulter un praticien. Il faut savoir que médicaments et grossesse ne font pas toujours bon ménage, et qu’un médicament qui est efficace sur la mère peut être redoutable sur l’enfant, voire même dangereux pour les deux.

Un corps qui réagit autrement

L’effet d’un médicament sur votre organisme est lié aux protéines plasmatiques et tissulaires. Or, en raison des modifications physiologiques qui se créent en vous, leur taux change, provoquant ainsi un effet autre que celui escompté. La grossesse aurait tendance à augmenter l’efficacité de certains produits. En revanche, en fin de grossesse, le pouvoir curatif d’un médicament peut être atténué sous l’effet de l’augmentation du débit sanguin rénal (de 50 % plus important, p. 68) qui favorise son élimination.

Le rôle du placenta

En ce qui concerne l’enfant, le mécanisme d’absorption du médicament est lié au rôle du placenta. Si le médicament pris à bon escient n’est pas réellement dangereux  pour la mère, il peut l’être dans certains cas pour le fœtus.
En effet, le placenta laisse passer la plupart des molécules médicamenteuses.
C’est d’autant plus vrai en fin de grossesse, lorsqu’il devient un peu plus mince. Le produit toxique se trouvant dans le sang fœtal atteint très rapidement le système nerveux central en raison du système circulatoire très particulier de l’embryon. De plus, ce dernier n’a pas encore le pouvoir d’éliminer les toxiques: les enzymes qui chez l’adulte dégradent, métabolisent et éliminent le médicament ne sont pas encore assez nombreuses ni assez efficaces pour assurer cette fonction. On estime que 4 à 5 % des malformations constatées à la naissance, ou dans les deux premières années de croissance de l’enfant, sont dues à l’absorption de médicaments ou de toxiques. La toxicité des médicaments est liée à la durée du traitement et à sa périodicité au cours de la grossesse Avant I’ mplantation de l’œuf dans la paroi utérine, il semble que les risques de malformation soient faibles. L’œuf est alors éliminé au cours d’une fausse couche.

Ceux dont il faut se méfier

L’aspirine, aux doses classiques, au cours des 2′ et 3″ trimestres : on
connaît son effet sur la coagulation sanguine. Elle peut atteindre le
fœtus, entraînant des anomalies de coagulation chez l’enfant. Elle
peut encore provoquer chez la mère une hémorragie au moment
de l’accouchement. On observe aussi, en cas de traitement prolongé,
des troubles respiratoires ainsi que des malformations rénales. Parmi les vitamines, notamment de synthèse, sont à éviter: la vita-mine A et dérivés ainsi que la vitamine D et dérivés.

  • Les antibiotiques: particulièrement les tétracyclines, qui provoquent chez le bébé une colorationdes dents.
  • Les anxiolytiques et les tranquillisants: certains sont à éviter. Même chose pour les antidépresseurs et les neuroleptiques.
  • Parmi les vaccins, obligatoires, ceux contre la variole, la rubéole, la coqueluche, la poliomyélite, les oreillons ainsi que le BCG sont totalement contre-indiqués par voie buccale.
  • Parmi les médicaments les plus connus pour leurs méfaits, il faut citer la Thalidomide® qui a provoqué des malformations des membres, le Distilbène®, responsable d’anomalies génitales chez les petites filles, et le Soriatane®, responsable de malformations fœtales. Il faut aussi faire particulièrement attention au bromure de calcium du Calcibronat® et du Neurocalcium®

L’automédication : une pratique trop courante

Vous n’êtes pas la seule à être tentée par l’automédication.
Une étude réalisée dans le Sud-Ouest de la France révèle que 99 % des futures mamans prennent des médicaments.
Elles en absorberaient en moyenne 13,6 par grossesse.
Selon les chercheurs, ces médicaments n’auraient pas d’utilité réelle et leurs conséquences sur le développement du fœtus sont pour la plupart méconnues. Pour vous mettre en garde contre leur utilisation intempestive, vous pouvez trouver trois types d’informations sur la notice à l’intérieur de l’emballage, ou directement sur la boîte. Contre-indiqué formellement: son effet tératogène (qui entraîne une mal-formation embryonnaire ou fœtale) a été démontré; contre- indiqué: spécialité ancienne dont la non-toxicité n’a pas été prouvée mais supposée; « déconseillé chez la femme enceinte »: les études chez l’animal n’ont rien prouvé, mais le produit est trop récent pour qu’on soit sûr de son innocuité.

MISE EN CARDE

C’est pendant la période embryonnaire des trois premiers mois que se forment de nombreux organes.
Leur développement risque d’être perturbé lorsqu’il y a prise abusive de médicaments. Bien que réel, le risque est cependant variable. Il dépend de l’étape précise du développement fœtal au moment de la prescription, et de facteurs génétiques qui modifient la sensibilité de l’embryon.
Au cours de la période fœtale, et même à partir du début du deuxième mois, on peut redouter des malformations à la naissance telles que kystes, amputations; après la naissance, des retards psychomoteurs, des troubles du comportement ou troubles endocriniens. En revanche, en fin de croissance, l’effet toxique du médicament sur l’enfant est plus à redouter que des malformations.
Ces médicaments sont dits tératogènes. Aujourd’hui, bien que les laboratoires ne puissent pas commercialiser un médicament avant de l’avoir expérimenté sur l’animal, sa toxicité sur le fœtus reste toujours difficile à préciser.

 

 



fecondation, fécondation in vitro, placenta, foetus 4 mois, foetus 1 mois, attendre bebe, evolution foetus, attendre un bebe, contraception, placenta schéma.




a quoi resemble foetus a 2 mois.