Faire un bébé toute seule



Aujourd’hui, la contraception et l’interruption volontaire de grossesse permettent à la plupart des mères célibataires de l’être intentionnellement. On est loin de l’étiquette réprobatrice de « fille-mère », et ces femmes qui vivent une maternité sont plutôt bien dans leur peau.
Quand elles expriment leur désir maternel, elles disent qu’il repose essentiellement sur le besoin de se prolonger, sur la volonté de ne pas baser leur vie sur la réussite sociale et professionnelle. C’est aussi l’expression du souhait de ne pas vivre seule toute leur vie.
Les mères célibataires volontaires sont aujourd’hui des femmes de plus de 30 ans, dans une situation financière relativement confortable.

Des sentiments mêlés 

Mais dans leur vie comme dans celle de toutes les futures mamans, il y a des hauts et des bas.
Les mamans célibataires ne sont pas à l’abri de ces manifestations de légère  dépression ou de ces sentiments contradictoires qui peuvent se transtormer en angoisses. Car si leur grossesse est volontaire, elle n’est pas menée dans l’inconscience. La responsabilité d’élever seule un enfant, le manque de soutien affectif leur font penser, dans les petits moments de blues, que tout irait mieux si elles n’étaient pas seules. L’image idéalisée du couple attendant et accueillant son enfant reste encore profondément ancrée dans les représentations de notre société et dans les mentalités.

Une grossesse toujours voulue

Or, le désir d’enfant des femmes seules, parfaitement maîtrisé et assumé au vu de tous, n’est jamais aussi évident dès lors qu’on s’attache aux raisons inconscientes. Comme dans tout désir d’enfant se mêlent l’image que l’on a de sa féminité, la compensation de
certaines frustrations affectives familiales, le besoin de s’identifier à sa propre mère ou, tout au contraire, celui de prouver que l’on sera capable de faire mieux. Dans ce cas précis, les psychanalystes assimilent ce désir d’enfant à un processus de réparation. De plus, la
solitude est presque toujours le résultat de l’échec affectif d’une relation amoureuse.
Pour certaines mères célibataires, le phénomène d’introspection qu’entraîne la grossesse révèle leur incapacité à nouer des relations affectives solides.
Cependant, toutes les études montrent que les mères célibataires, dans leur grande majorité, vivent bien leur grossesse et que l’absence d’un père à l’accouchement est largement compensée par une équipe soignante disponible.

Le rôle du père 

Parmi les enfants naturels, 18 % ne font jamais l’objet d’une reconnaissance de la part de leur père. Ce chiffre n’a pas varié depuis vingt ans. On peut interpréter ces chiffres comme le
refus de ces hommes d’être pères.
Mais les histoires des couples aujourd’hui sont peut-être plus compliquées qu’autrefois. Bien des mères célibataires ont dû affronter la déception de constater que l’homme qu’elles
aimaient, fuyant dès l’annonce de la maternité, était en fait incapable d’assumer une paternité. Ces hommes se sentent piégés, engagés dans une vie qu’ils n’ont pas choisie. Reste à la mère la lourde tâche de remplacer ce père absent. Classiquement, les psychologues affirment que pour que mère et enfant aient une relation
normale, il faut que dans le couple s’insère une troisième personne: c’est le rôle dévolu au père. Pour la mère célibataire et son enfant, il sera donc souhaitable de trouver un substitut de père. Un parent ou un ami peut parfaitement jouer ce rôle, à condition qu’il soit régulièrement présent auprès de l’enfant et que ce soit une
personne stable. Parallèlement, si la future maman a une image négative du père génétique de cet enfant, elle doit veiller à ne pas la transmettre à l’enfant. Elle placerait ce dernier dans une situation de rejet préjudiciable à son développement et à leurs relations. Ce bébé est un individu indé- pendant qui a déjà, avant de naître, une histoire un peu compliquée qu’il n’est pas souhaitable d’aggraver.

 

 



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