Même si vous et votre conjoint vous attendez intensément la venue de votre bébé, il va rompre, surtout si c’est le premier, l’équilibre que tous deux vous aviez établi.
Les psychologues et les sociologues se sont aperçus que ce sont les jeunes couples qui ont le plus de mal à trouver un autre équilibre. La période de la grossesse est le temps idéal pour y réfléchir. Vous, vous allez vous investir entièrement dans votre rôle de mère.
Dans votre folie maternelle, comme l’appelle le célèbre pédopsychiatre, Winnicott, vous risquez de tout négliger, vous-même, comme votre conjoint.

Vers la vie de famille 

Le père, de son côté, va vivre pendant neuf mois des moments difficiles qui vont se prolonger jusqu’à la naissance. Même s’il est très proche de vous, il se sent en marge du nouveau couple mère-enfant qui est en train de se former. À cette situation s’ajoute de part et d’autre un certain stress; pour la femme il est indispensable (car elle en porte l’entière responsabilité) de mener à bien sa grossesse et de donner à son conjoint un bébé « parfait ». Quant à l’homme bien que l’attitude par rapport à l’argent ait beaucoup évolué dans les couples, il s’investit dans la responsabilité de faire vivre cette nouvelle famille. L’enfant à venir devient aussi pour lui source d’une quantité de projets.

Préserver sa vie de couple

Les relations sexuelles entre époux sont alors souvent différentes, les rencontres moins fréquentes, voire même parfois totalement absentes. Ces perturbations peuvent bien des tensions, des frustrations dont il vaut mieux parler plutôt que de les garder secret
L’arrivée d’un enfant dans un couple ne doit pas perturber l’équilibre qui en fait sa force. Il est important que les futurs parents aient aussi des projets autres que parentaux. C’est maintenant qu’ils peuvent réfléchir aux espaces qu’ils consacreront à leur couple. Sorties, week-ends en amoureux ne sont pas à mettre au compte d’une mauvaise relation parents-enfants. Bien au contraire. Ils sont nécessaires pour entretenir une relation affective profonde et durable.
Tout ne doit pas être sacrifié à la fonction parentale. Pour la femme comme pour l’homme, les neuf mois de grossesse sont fréquemment l’occasion de plonger, consciemment ou non, dans le passé. Pour se construire un rôle de père ou de mère, il faut des modèles.
Ceux de ses propres parents sont bien sûr les tout premiers. C’est alors parfois l’occasion de raviver de vieilles rancunes, de vieilles jalousies. On constate souvent que les frustrations ou les carences affectives ressenties dans l’enfance choisissent ce moment pour resurgir.

Les états d’âme du père

Se faire une place en marge du couple mère-enfant relève parfois de
l’exploit, car c’est en fait la mère, et elle seule, qui décide de l’espace
qu’elle laissera au père. La tâche est complexe; il doit tout à la fois
apprendre à connaître son bébé, rester un mari affectueux, endosser
de nouvelles responsabilités, et tout cela pratiquement en quelques
heures (après l’accouchement). La seule solution pour lui est alors de
montrer son désir d’assumer son rôle de père, en ne se laissant pas décourager, entre autres, par les: « Tu ne sauras pas faire. » Après tout, une femme n’a pas forcément fait de baby-sitting jeune fille, ou aidé à
élever une famille nombreuse.
Elle aussi est totalement inexpérimentée la toute première fois qu’elle tient son bébé dans les bras.
Aussi, se poser d’emblée comme un futur père maternant est le plus
sûr moyen de conforter son futur statut.

Un papa présent

La présence du père auprès de l’enfant est à définir, à organiser au cours de la grossesse. Sa place se fera d’abord par la répartition des soins quotidiens que réclame le bébé. C’est en changeant son bébé, en le faisant manger, en étant présent, que se construiront les rela-
tions, que se partageront les premières découvertes, les premiers jeux et les premiers câlins. Ce sera l’occasion pour l’enfant de bâtir une relation différente d’avec sa mère. Celle-ci est indispensable à son futur équilibre.

Une sexualité différente

La plupart des couples vont devoir changer leurs habitudes amoureuses.
Le ventre proéminent de la femme, les seins parfois douloureusement
sensibles rendent la position dite du « missionnaire » peu confortable, sauf si l’homme porte le poids de son corps sur ses avant-bras.
Beaucoup de couples adoptent alors la position allongée sur le côté, la femme appuyant son dos sur l’homme.
Certaines femmes préfèrent les positions à genoux. La plus grande difficulté que rencontre la future maman dès maintenant, et encore plus dans les mois qui vont suivre, est celle de son image corporelle.
Elle se sent laide, se voit beaucoup plus grosse qu’elle ne l’est en réalité.
Elle imagine alors que son partenaire ne lui trouve plus aucune séduction.
Elle ne se sent plus capable d’éprouver du plaisir et d’en donner.