Le mal de dos étant le mal du siècle, il n’y a rien d’étonnant â ce que vous en souffriez aussi. Les douleurs débutent vers la 12e semaine, culminent vers la 22e semaine et durant les derniers mois de la grossesse. L’origine mécanique de ces douleurs est tout à fait logique.

La colonne vertébrale à rude épreuve

En effet, le poids du bébé modifie la morphologie de la colonne vertébrale. Cette charge augmente la courbure lombaire et entraîne une cambrure anormale appelée lordose.
De plus, toujours par le poids de votre bébé, votre centre de gravité change : il se déplace alors vers l’avant.
Pour pallier ce changement, vous avez tendance à courber encore plus en arrière votre colonne vertébrale et à contracter au maximum vos muscles dorsaux, alors que vos abdominaux, relâchés par la grossesse, sont beaucoup moins efficaces pour compenser
cette courbure.

Quand la douleur s’installe

On constate deux types de douleurs. Les premières, très voisines de celles que l’on ressent quand on a une sciatique, montent le long de la jambe jusqu’en haut de la cuisse.
Il est malheureusement très difficile de les soulager. Les secondes, comparables à un « mal de reins », s’expliquent parfaitement puisque votre colonne vertébrale est mise à rude épreuve. Cette souffrance est autant plus vive que vous êtes fatiguée ou que vous avez été dans l’obligation de rester longtemps debout.
De plus, en fin de grossesse, l’hormone qui aidera à l’élargissement du bassin au moment de l’accouchement provoque un relâchement général des ligaments articulaires, et notamment de ceux
qui maintiennent les vertèbres.
Ne négligez pas ces douleurs qui peuvent entraîner des lombalgies susceptibles de durer après la grossesse. Parlez-en à votre médecin.Quelques bonnes positions  et la pratique de certains exercices d’étirement de la colonne vertébrale vous soulageront aussi. Assise dans un fauteuil, calez bien votre dos au dossier, le dos le plus droit possible. Si vous vous asseyez par terre, la position du lotus est idéale, un coussin placé entre votre dos et le mur d’appui.

L’ostéopathie

Vous pouvez encore avoir recours à l’ostéopathie. C’est une médecine alternative qui cherche les causes des pathologies dans le mauvais fonctionnement de notre structure osseuse, musculaire et organique. Elle fait appel à des manipulations douces pour agir sur les vertèbres, le bassin, le crâne, les articulations et différents organes. C’est une médecine qui traite les causes et non les symptômes. Elle agit à différents niveaux, tout d’abord sur les articulations et sur les muscles avec, notamment, comme le disent les ostéopathes, une réharmonisation du nid. Ainsi le praticien traite certaines douleurs par un travail en douceur sur les différentes parties du bassin: iliaque, sacrum et sacro-iliaque. Il s’occupe aussi des membres inférieurs, déséquilibrés parfois sous l’effet de la relaxine, hormone  destinée à assouplir tous les ligaments en préparation de la naissance. L’ostéopathie soulage donc les douleurs du dos, telles que les sciatiques et les lombalgies. L’ostéopathe s’intéresse aussi à la chaîne dorso-lombaire, aux côtes et à l’axe crâne-sacrum. Ces parties de votre corps sont en effet mises à rude épreuve au fur et à mesure que l’enfant grossit. Il est important d’avoir un bon praticien.

Mesures préventives

Tous les gestes de la vie courante peuvent être mis en cause dans les douleurs lombaires : se lever, porter une charge lourde, se pencher, etc.

  • Dormir: ayez un lit ferme avec éventuellement une planche sous le matelas. Placez sous votre nuque un oreiller mince et ne dormez jamais à plat ventre, ce qui accentue considérablement la courbure des reins. Préférez la position sur le dos, un coussin sous les genoux, ou sur le côté en chien de fusil.
  • S’asseoir ; choisissez un siège qui soutient le bas du dos et non un siège bas, profond à l’assise et au dossier mou, très mauvais pour votre colonne vertébrale. Asseyez-vous toujours bien au fond de la chaise.
  • S’habiller : asseyez-vous pour enfiler chaussettes ou collants, slips, pantalons.
  • Se chausser : amenez le pied vers le haut, sur un point d’appui, et n’inclinez pas le buste en avant.
  • Faire le marché : prenez un panier dans chaque main, ou un caddie, poussé le dos bien droit ; un panier seul se porte le plus près possible de la cuisse.
  • Faire le ménage : pour balayer, passer l’aspirateur, nettoyer les meubles ou mettre un bébé au lit, pliez toujours les genoux en gardant la colonne vertébrale droite. Évitez les rotations du buste. Changez de main avant de ressentir la fatigue de l’épaule. Pas de mouvements brusques. Fléchissez au niveau des hanches, colonne verrouillée, pour les travaux à faire penchée. Les lombalgies banales au cours de la grossesse ne doivent pas être négligées. En effet, dans 67 % des cas, elles se prolongent une année après l’accouchement.

LES DOULEURS DORSALES

Les femmes qui ont déjà une certaine fragilité du dos risquent de souffrir au moment de leur grossesse; elles doivent très tôt se préoccuper de ce problème. La grossesse accentue encore plus une
lordose déjà existante du fait de la bascule du ventre en avant. Ces futures mamans sont donc susceptibles, plus que les autres, de souffrir de pincements des nerfs au niveau des vertèbres, ce
qui se traduit en général par des lumbagos et des débuts de sciatique. Ces difficultés peuvent se corriger par des mouvements de gymnastique spécifiques qui musclent le dos, font travailler la bascule du bassin et corrigent la cambrure des reins. Au moment de l’accouchement, certaines mamans se plaignent de douleurs dans les reins. C’est souvent lorsque le bébé se présente en postérieur, sa tête appuie alors plus sur le bassin et l’écarté en touchant un nerf. Dans ce cas, une péridurale est ce qui soulage le mieux.