L’épisiotomie est une petite intervention chirurgicale. Pour aider le passage de la tête du bébé, l’accoucheur peut être amené à inciser le bas de votre vulve.
Cette incision entraîne les désagréments de tout acte chirurgical et nécessite donc les soins indispensables à une bonne cicatrisation. La manière dont elle a été pratiquée, « médiane » ou « latérale », a peu d’importance. L’épisiotomie n’est pas un acte systématique
mais elle est très souvent pratiquée, surtout lors du premier accouchement. Aujourd’hui, il semble qu’on la fait dans près de 80 % des cas.

Une hygiène rigoureuse

Une bonne cicatrisation nécessite une hygiène rigoureuse. La cicatrice doit rester propre et sèche.
À chaque fois que vous allez aux toilettes, à chaque changement de garniture, il faut nettoyé-essuyer, et sécher la plaie avec de l’éosine non alcoolisée ou l’air chaud d’un sèche-cheveux.
Sécher la plaie est essentiel car elle est souvent humide en raison de l’écoulement des lochies, mais n’abusez pas trop de l’air chaud : il peut dessécher la peau et durcir les muqueuses.
N’hésitez pas à contrôler l’état de la cicatrisation à l’aide d’une petite glace. Ne craignez pas, non plus, d’aller à la selle, les fils et les agrafes maintiennent parfaitement les bords de la plaie.
Normalement, la cicatrisation est obtenue en 5 ou 6 jours. Les fils ou les agrafes sont enlevés, la cicatrice bien refermée ne demande pas de soins spécifiques autres qu’une hygiène courante.
Seule complication possible, comme dans toute intervention chirurgicale, l’apparition de petits abcès aux points d’ancrage des fils. Bien traités, ils doivent disparaître avant le départ de la maternité.
En cas de douleur, votre médecin peut vous soulager en vous prescrivant des anti-inflammatoires.
ou des analgésiques. S’il diagnostique une légère infection, il vous conseillera la prise d’antibiotiques.
Malgré tout, il n’est pas rare de ressentir une petite gêne dans les semaines qui suivent l’intervention. Vous pouvez la calmer par de légers massages avec une pommade prescrite par votre médecin. Dans certains cas, fort rares, la cicatrice est épaisse et gênante ; il est alors possible de la reprendre chirurgicalement dans les mois qui suivent l’accouchement.
L’opération se fait sous anesthésie locale et ne prend pas plus d’une demi-heure.

Difficultés sexuelles

Quelques jeunes mamans se plaignent d’une certaine sensibilité deux mois après l’épisiotomie. Voire même d’une réelle douleur au moment de la reprise des rapports sexuels. Il est alors recommandé d’en parler à son conjoint et d’attendre un peu pour avoir des rapports complet.
Certains mauvais souvenirs de ce moment délicat qu’est le retour à une sexualité normale peuvent être cause de troubles profonds plus tard. Des massages réguliers avec une pommadi spéciale pour assouplir les tissus, un bain chaud avant les rapports et l’utilisation d’une pommade lubrifiante peuvent apporter un peu plus de confort.

Les troubles intestinaux

La constipation dans les jours qui suivent l’accouchement est fréquente, en raison de l’action de la progestérone sur les fibres lisses des muscles intestinaux. Mieux vaut ne pas attendre et vous contraindre à aller à la selle le jour qui suit votre accouchement. Pour vous aider, vous pouvez consommer des légumes verts ou des pruneaux, aux vertus laxatives bien connues.
Enfin, si ces conseils simples ne suffisent pas, vous pouvez toujours demander à l’équipe médicale un léger laxatif.
Pour certaines jeunes mamans, ces difficultés sont accentuées par une poussée d’hémorroïdes. En effet, lors de l’accouchement, il n’est pas rare que des veines anales se  dilatent provoquant de vraies douleurs accrues par la fatigue et la constipation, laquelle est due, souvent, à la peur d’aller à la selle. Ces hémorroïdes se soignent par des pommades locales et des anti-inflammatoires auxquels est associé un régime sans résidu. Enfin, si votre accouchement a été difficile, vous pourrez constater de légers troubles urinaires, parfois même une difficulté à la miction ; plus souvent, il s’agit d’une propension à l’incontinence lorsque vous toussez ou que vous riez.

Un peu de confort

Dans certaines maternités on met à votre disposition, une petite bouée de caoutchouc à glisser sous vos fesses de manière à surélever votre corps et à éviter ainsi tous les frottements désagréables.
En effet, pendant les 2 ou 3 jours qui suivent l’intervention, toute la
région de la vulve est enflée et vous pouvez alors ressentir de légers
picotements dus aux fils de l’épisiotomie.

Un muscle élastique

L’appareil génital reprend une activité normale bien avant le retour de couches. L’allaitement aide à la remise en forme de l’organisme de la mère et les tétées font travailler les muscles de l’utérus. Ces muscles ont une caractéristique étonnante : ils sont élastiques. La paroi utérine, qui normalement est épaisse, s’étire au cours des neuf mois de grossesse. Sa physiologie particulière lui donne une grande élasticité ; en effet, il est constitué de deux couches de muscles longitudinaux séparés par une couche circulaire. Parallèlement, des cellules nouvelles se créent, formant des faisceaux de fibres qui, non seulement renforcent la paroi utérine, mais lui permettent aussi de s’allonger ou de se rétracter afin que le fœtus puisse grandir et grossir à l’aise dans le ventre de sa mère. C’est grâce aux contractions de ce muscle creux que l’enfant est expulsé au moment de la naissance.