Apprendre à maîtriser sa douleur



Le 7e mois va être marqué par le début des cours dits d’accouchement sans douleur.
Ils sont organisés dans les hôpitaux, dans les cliniques, en cours collectifs, mais peuvent aussi être dispensés par des sages-femmes en cours particuliers, et suivis parfois à votre domicile. Cette méthode d’accouchement nous est venue à la fois d’Angleterre et de l’ex-URSS. Les deux protagonistes en furent les docteurs Read et Velvoski.

Vaincre la douleur en combattant la peur

Le docteur Read découvrit en assistant une de ses patientes que la douleur était moins forte selon l’état de tension de celle-ci, seules étaient détendues les accouchées qui n’avaient pas peur.
Il s’est alors demandé pourquoi une femme pouvait craindre cet acte naturel; sans doute était-ce parce qu’elle avait toujours entendu dire qu’accoucher était douloureux, sa peur étant d’autant plus profonde qu’elle ignorait la façon dont se dérouleraient sa grossesse et
son accouchement. Cette appréhension entraînait une contraction générale des muscles, accentuant ainsi la souffrance « naturelle » de l’accouchement. Le docteur Read décida alors d’éduquer les mères en leur expliquant ce qui se passait en elles et en les encourageant à la pratique de certains exercices physiques et respiratoires permettant une préparation musculaire et nerveuse.

Vaincre la douleur en maîtrisant son corps

De son côté, le docteur Velvoski s’est également inquiété du fondement des douleurs de l’enfantement. Ce médecin travailla tout d’abord à partir des expériences de Pavlov.
Pour lui, la future maman est conditionnée à la souffrance. Contractions et douleurs sont associées d’emblée dans tous les accouchements. Velvoski a pensé qu’il fallait discuter avec ces femmes pour les rendre plus lucides. Puis il a cherché à maîtriser leurs réflexes en éduquant les nerfs et les muscles qui entrent en jeu au moment de l’accouchement.
C’est la méthode dite psychoprophylactique. Elle fut diffusée en France par le docteur Lamaze qui, au cours d’un voyage en Russie, assista à un accouchement préparé par la méthode Velvoski. Elle connut alors un grand succès sous le nom de préparation à l’accouchement sans douleur. Il est dommage, d’ailleurs, que cette méthode se soit répandue en France sous ce nom, car elle promet aux femmes quelque chose d’impossible; en effet, quoi que l’on fasse, la souffrance obstétricale existe: quand l’utérus se contracte, cela provoque une sensation de douleur qui, suivant les femmes, est plus ou moins bien supportée.

Un soutien psychologique…

La préparation à ce mode d’accouchement se fait dans deux directions. D’abord la préparation psychologique, avec un apprentissage des connaissances anatomiques et physiologiques concernant la grossesse et l’accouchement : la conception de l’enfant,
le développement du fœtus, les organes et les muscles qui travaillent au moment de raccouchement, les premiers signes annonçant la naissance, le déroulement de celle-ci, expulsion et la délivrance.

…et physique

Ensuite une préparation physique avec exercices musculaires et respiratoires.
L’efficacité d’une bonne respiration sur la douleur est aujourd’hui mieux comprise. En effet, la sensation de douleur est transmise au cerveau, à un endroit bien précis. Celui-ci est chargé de produire des endorphines, substance calmante analogue à la morphine. Leur fabrication peut être provoquée et accentuée par la respiration et surtout par la concentration mentale sur une activité respiratoire.
Quant aux exercices physiques, ils ont pour but d’aider les futures mamans à prendre conscience des différentes parties de leur corps qui participent à l’accouchement, et permettent un certain entraînement musculaire. Aujourd’hui, ces cours, qui sont pratiquement proposés dans toutes les maternités, s’étalent sur 6 à 8 semaines et sont remboursés à 100 % par la Sécurité sociale.
Il est également sage, si le père a l’intention d’assister l’accouchement, de lui demander de venir à quelques-unes de ces séances, cela lui évitera toute mauvaise surprise le moment
devenu. Certaines maternités organisent même une séance de préparation où les pères sont accueillis. Il y a de fortes chances encore que l’on demande à la jeune maman de poursuivre les exercices chez elle : mouvements des jambes et du tronc, exercices respiratoires (tout particulièrement le blocage de la respiration qui n’est pas toujours facile à acquérir), etc.

Moins de candidates

Cependant, depuis quelques années, on constate une baisse de fréquentation aux séances de préparation à l’accouchement sans douleur, sans doute concurrencées par d’autres méthodes et plus particulièrement par la péridurale à l’efficacité imparable.
Seules 40 % des futures mamans aujourd’hui se préparent ainsi et beaucoup de médecins regrettent qu’il y en ait si peu car ces cours permettent aussi un dialogue avec la mère, souvent inexistant dans d’autres préparations.
En effet, ces séances se transforment généralement en entretiens ; ce sont des points de rencontre où l’équipe médicale est disponible pour répondre à toutes les questions que peut se poser une future maman. Une manière de faire connaissance afin que s’établisse un climat de confiance mutuelle.

 



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